Mon premier voyage solo en France

Suite au thème du « Café des voyageurs » de cette semaine, on nous propose de parler de notre premier voyage. J’ai donc décidé de parler de mon tout premier voyage solo. C’était en 2017. Je suis partie à côté de chez moi, seule. Je voulais savoir si le voyage solo était fait pour moi avant de m’envoler vers l’Amérique du Sud pour 8 mois.

J’ai récrit l’article pour l’occasion. Et je me suis rendue compte que j’étais très fatiguée pour ce premier voyage solo. Cela fait du bien de relire sur la gentillesse et l’hospitalité des gens. Je fais que de belles rencontres pour ce premier voyage solo près de chez moi. J’ai ri en lisant que mon sac faisait 15 kg… C’est fou ce qu’on apprend vite ! Maintenant, je voyage avec moins de 10 kg et je prévois de repartir avec 6/7 kilos.

Introduction à cette première aventure en solitaire

Le tout premier voyage en solo, la première longue randonnée, le premier autostop. Comme un prémisse au voyage en novembre. L’envie de me tester dans un premier temps, un « petit voyage » pas trop loin, avec une certaine sécurité, un même langage, une même culture, un endroit fréquenté. Je me lance un défi supplémentaire qui est de dormir chez l’habitant pour rencontrer un maximum de personne. Quand je me lève le matin, je n’ai aucune idée d’où je serai le soir !

Le résultat, c’est 10 jours magnifique fait de découvertes, de rencontres, de partage et d’apprentissage !

Les bords de Loire, j’en ai toujours entendu parler. J’ai souvent rêvé de visiter ces châteaux, d’approfondir l’histoire de France à travers ce périple. Je préparais tranquillement le voyage à vélo. Après diverses tergiversions qui m’empêchaient finalement de quitter ma zone de confort, je décidai de partir à pied et en stop pour ce premier voyage en solo.

Le départ

Le 3 juin 2017, je quitte fièrement Le Mans empaquetée. Je me dirige vers Orléans et ses bords de Loire en auto-stop.

Alors autant te dire que pour mon premier voyage solo, une de mes premières fois en stop, en vrai j’en menais pas large sur le pas de la porte : « A bientôt maman, enfin peut être à ce soir ! » Première destination Orléans si possible après on verra ! Retrouve mon carnet de voyage.

Et puis il a fallu se lancer, partir et laisser derrière soi son confort, ses habitudes pour se jeter dans l’inconnu et dans la nouveauté.

Jour 1 : Le Mans – Orléans : 160 km

Début de l’autostop à quelques centaines de mètres de chez moi, un samedi matin vers 10h. Je suis prise en auto stop par 7/8 conducteurs. Je n’attends pas plus de 10 minutes entre chaque conducteur. Beaucoup de personnes différentes me prennent en stop : des hommes seules, une maman avec ses enfants, un fils avec sa maman. Ils ont déjà tous prit des auto-stoppeurs sauf la maman pour qui c’était une première. Les raisons sont différentes. Il y a surtout de l’empathie et beaucoup d’anciens voyageurs.

Lors de mon arrivée à Orléans, je visite la ville, la cathédrale, la place Jean d’Arc et le vieux Orléans. Je ne m’attendais tellement pas à réussir ce premier défi : arriver à Orléans, que je n’ai même pas réservé d’hébergement pour le soir. J’installe alors rapidement l’application Couchsurfing et fait des demandes d’hébergements pour le soir même.

cathedrale orleans
Cathédrale d’Orléans

Je suis hébergée par Gwen via le site de Couchsurfing. On passe la soirée à discuter de nos vies. Il nous cuisine des pâtes au curry et aux crevettes, c’est un vrai régal et un beau moment de partage. Ma première soirée se déroule parfaitement bien.

Jour 2 : Orléans – Baule (entre Meung-sur-Loire et Beaugency) – 22 km

La randonnée commence réellement le dimanche matin. Je quitte Gwen vers 7h et me dirige vers les bords de Loire

Je rencontre après mon déjeuner un pèlerin, Claude, nous passerons deux jours ensemble. Je marche plus de 25km avec en plus, la visite du magnifique château de Meung-sur-Loire. Je recommande chaudement ce château, il est très atypique. J’ai vu des pièces que je n’avais encore jamais vues dans un château. Le village de Meung-sur-Loire est également à visiter. On y trouve de jolis moulins et une ambiance particulière. Je craque alors sur ce premier coin de paradis !

Ce soir-là, nous rencontrons Jean-Michel et Chantal, deux anciens pèlerins qui nous accueillent spontanément, nous offrant le gîte et le couvert. Nous acceptons avec reconnaissance, nous passons à côté d’une marche d’encore 1h30 avant de trouver un camping à Beaugency. Pour un premier jour de rando, j’en ai largement assez. Je fais la rencontre de deux personnes magnifiques, ouvertes d’esprit, généreuses et spontanées. Je passe un moment paisible en leur compagnie, je me sens très bien.

Jour 3 Baule – Beaugency  5 km

Nous quittons ce havre de paix vers 10h30 à grand regret. Le départ est difficile. Ce jour la nous ne marchons pas beaucoup, peut être 5.5km. Nous nous rendons à Beaugency et y passons la journée pour fêter l’anniversaire de Claude, le pèlerin. Les propriétaires du château de Beaugency sont les mêmes que celui de Meung-sur-Loire, cela me convainc de le visiter… Le château se visite mais n’a pas le charme de Meung. Nous passons la soirée au camping et célébrons l’anniversaire de Claude 😉

voyage solo

Jour 4 Beaugency – Saint-Dyé-sur-Loire – 20km

La nuit au camping a été compliquée avec de la pluie et du vent toute la nuit. Dernier jour avec Claude, nous marchons en silence entre Beaugency et Muides-sur-Loire. Le paysage est monotone, nous marchons tout près d’une centrale nucléaire, le décor est apocalyptique. Le temps est menaçant, la fatigue se fait sentir, nous sommes mélancoliques. C’est un moment où je me plonge en moi et ou je pense à mes amours perdus.

Nous faisons nos adieux à Muides! Je me retrouve à marcher seule de nouveau et à reparler seule avec toujours un besoin d’extérioriser. J’arrive dans le charmant village de Saint Dyé sur Loire, superbe beau village. Les habitants sont en revanche très fermés, tout comme l’église et les WC publics ! Néanmoins si vous êtes dans le coin, allez-y. Les maisons en bord de Loire sont magnifiques. Je fais mon premier bivouac. Les hôtels sont largement au-dessus de mon budget.

Jour 5 Saint-Dyé-sur-Loire – Chambord – Blois – Moisy 50 km

La nuit fut très courte, je suis contente de voir le jour se lever et je quitte vite l’endroit direction Chambord (8km de marche)!

Bon Chambord comment dire… Lorsque tu es sur le GR3 et que tu te diriges vers Chambord, il y a un moment ou tu aperçois le château de loin (très loin). Il apparait alors comme un « truc » sorti de nulle part, comme un OVNI au milieu de la nature.

Chambord

Une émotion particulière ! Quelque chose qui te prend aux tripes ! Chambord est magnifique par son aspect extérieur. La visite est bien, le château n’est plus meublé. Je trouve que la visite sans guide est complexe. En même temps, l’histoire de Chambord est longue et difficile, difficile de rendre le tout cohérent.

Direction Blois en stop par la suite, un couple de retraités finissant une randonnée m’emmène à l’entrée de Blois (16 km).

Blois est une très belle ville, vivante, avec quelques touristes, les gens sont accueillants. Le pharmacien me propose de laisser mon sac de 15kg dans son office. Il ne faut pas me le dire deux fois. Je suis toujours autant surprise par la gentillesse des personnes que je rencontre.

La visite du château de Blois est agréable. J’en profite pour visiter l’église Saint Nicolas. La nuit bivouac m’ayant marquée, dès le matin je contacte ma cousine, Pauline, qui vit dans le coin, à Moisy. Elle me propose de passer la soirée dans la famille. C’est un bon moment de retrouvaille. Que ça fait du bien de dormir dans un lit, en sécurité, entourée d’enfants et par la famille.

Tour du château

Jour 6 Moisy – Chaumont sur Loire – Amboise

Pauline, me dépose directement à ma prochaine étape à Chaumont sur Loire, visite du château mais pas des jardins.

Aujourd’hui, j’ai une longue étape de marche, 25km de marche jusqu’à Amboise en suivant le GR3. Les jardins ça sera pour une prochaine fois 😉 Arrêt à l’épicerie de Chaumont pour le repas du midi!

Je tombe sur Eric, le patron de cette épicerie avec un sacré décor! Il vend de tout : de la nourriture, des rouleaux de PQ, sa bière qu’il fait lui-même dans sa boutique mais le plus beau ce cache derrière son sourire 🙂

Le courant passe bien, je lui demande s’il connaît un chemin plus simple pour se rendre à Amboise. Justement il connaît bien, il y habite. Il me dit qu’en longeant la départementale, c’est 17km.

J’y vais au culot, je lui demande si je peux planter ma tente dans son jardin. Il accepte de suite. On échange nos numéros et je continue ma route l’esprit léger ! Il me démontre une fois de plus, tout comme mes hôtes d’avant que la générosité et l’hospitalité font partie de nos valeurs en France. Lorsque vous serez à Chaumont sur Loire, arrêtez-vous dans cette épicerie. Elle se situe sur la départementale juste à la base du château et salue Eric de ma part 😉 et goute une de ces bières artisanales.

Jour 7 Amboise – Saint-Pierre-des-Corps 25km

La soirée avec Eric était top, j’ai dormi dans la chambre de son fils. Nous avons passé la soirée à discuter avec un délicieux repas ! Merci Eric pour ton accueil. Avant de partir, je regarde les trains pour le Mans, la fatigue commence à se faire ressentir et je fais quelques demandes d’hébergement sur Couchsurfing !

Claire me répondra dans la matinée me proposant une soirée fille ! Trop longtemps que je me suis pas retrouvée qu’avec des filles. Cela me fera marcher 25km de plus mais un délicieux barbecue m’attend.

Ce matin là, direction le Clos Lucé, dernière demeure de Monsieur Léonard de Vinci! Une très très belle visite entre le parc et la demeure. Le musée est super. Je recommande ! Une très belle découverte. La ville d’Amboise est magnifique aussi.

J’arrive usée à Saint-Pierre-des-Corps, soirée délicieuse autour d’un barbecue, d’une douche et d’une nuit réparatrice. Claire merci pour cette soirée.

Jour 8 Saint-Pierre-des Corps – Tours

De bon matin, on s’en va avec Claire faire un tour de marché à vélo. Son amoureux Nicolas revient de sa garde de nuit. On déjeune autour d’un barbecue 😉 On se rend compte que parfois les femmes s’en sortent mieux que les hommes. Claire me prête son vélo pour l’après midi, je file à la rencontre de Tours 🙂

Je quitte mon couple d’amoureux pour me rendre chez Manue à quelques kilomètres. Nous passons la soirée à « la péniche » de Tours! Tours est une belle ville, jeune, dynamique, grande, je m’y sens bien malgré la cohue et le manque de panneau pour les cyclistes !

Jour 9 Saint-Pierre-des-Corps – Villandry

Réveil en douceur ce matin avec un brunch préparé par les soins de mon hôte Manue! Merci pour ces découvertes culinaires ! L’après midi je lui emprunte son vélo et file à Villandry visiter les jardins. J’ai en ma possession une invitation que m’a donné un restaurateur croisé en chemin pour visiter Villandry. Le soir je partage ma dernière soirée de ce périple avec Manue. On s’installe sur les bords de Loire pour un pique-nique.

Villandry et ses jardins

Jour 10 Tours – Le Mans

Le dernier jour de ce premier voyage seule, je quitte Manue à mon grand regret. Je retourne visiter Tours une dernière fois, le vieux Tours, la basilique Saint Martin et la place du monstre. Le midi je retrouve Aurore, une ancienne collègue, pour un déjeuner dans une bonne brasserie dans le vieux Tours. Puis vient, le retour en train et la fin de ce premier voyage en solo.

Bilan de ce premier voyage solo

Avec le recul et en relisant ces mots, je me dit que j’ai bien fait de partir une première fois pas longtemps et pas loin. Ce premier voyage était vraiment un test.

Un test pour moi même, est-ce que j’allai aimer cela ? Me retrouver seule ? Ne pas avoir de plan? Arrêter de marcher quand je suis trop fatiguée ?

Ce voyage m’a également permis de me retrouver. Cela faisait des années que j’avais le même rythme entre mes études puis le fameux « métro-boulot-dodo ». Ce premier voyage m’a permis d’aller à la rencontre de moi même.

Et un test pour mes futurs préparation de voyage. Après ce voyage, j’ai acheté du matériel adapté afin d’avoir un sac à dos moins lourd. J’ai investi dans de nouvelles chaussures de randonnées. Et j’ai pu tester mon matériel.

Si j’étais partie comme cela pour la première fois en Amérique latine, j’aurai peut-être eu des soucis, notamment avec le poids du sac !

Mais qu’est ce que j’ai aimé cela. L’aventure, être au contact de la nature et rencontrer toutes ces personnes formidables qui ont égayé mon chemin.

je suis aussi soulagée pour le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, que j’espère faire en avril 2021. Je vois que je suis capable de marcher 20/25 km jours. Même si cela sera 4 ans plus tard, mais avec un poids de sac à dos beaucoup plus raisonnable !

Après ce voyage solo en France, je suis partie quelques semaines plus tard en Italie du Nord. C’était toujours dans l’esprit de me tester et de me préparer. Cette fois-là, j’affronte le fait de voyager dans un pays dont je ne connais pas la langue. Ça fera surement le sujet de nombreux articles 🙂

Publié par Mélanie

Je m'appelle Mélanie, j'ai 32 ans, je suis originaire du Mans. J'ai tout quitté en 2017 pour voyager à travers le monde. Depuis, j'ai voyagé en sac à dos à travers l'Amérique latine pendant 8 mois. J'ai travaillé 6 mois en Australie grâce au Permis Vacance Travail (PVT). J'ai également visité les grandes villes des Etats-Unis pendant deux mois. Je suis en ce moment en France ou je développe mon activité en ligne afin de devenir Digital-Nomad. Mes voyages en 2021 (si la situation le permet) seront de marcher jusqu’à Saint Jacques de Compostelle, de voyager avec le Transsibérien et de visiter (et pourquoi pas m'installer) en Asie du Sud Est. Dans ce blog, j'accompagne les femmes à oser vivre leurs rêves de voyage à l'aide de contenus de qualités.

4 commentaires sur « Mon premier voyage solo en France »

  1. C’est cool de voir la génèse de ton projet de grand voyage et de voir aussi l’évolution de ton équipement et de ton matériel. Et puis comme toujours, j’aime lire tes rencontres humaines qui, autant que les paysages et les monuments restent des souvenirs impérissables.

    1. Merci 😊 oui heureusement que j’ai fait ce voyage, sinon je serai partie avec mes 15 kilos sur le dos. Et puis, pour c’était important de me tester.
      C’est vrai que ce qui nous touche le plus se sont les rencontres. Et on en fait de belles sur la route. J’ai été tellement surprise de la bienveillance et générosité des personnes rencontrées 😊

  2. C’est fou comme les gens peuvent être gentils. Ça me paraît bête de l’écrire mais c’est l’effet que ça m’a fait en te lisant. Ça rassure sur la nature humaine

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