Voyager à la retraite

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Voyager quand on est en retraite ? Et en plus en solo ? Est-ce possible ? C’est ce que nous prouve Martine…

Voyager est avant tout un état d’esprit, ce n’est pas reservé qu’aux jeunes, qu’aux riches, qu’aux personnes extraverties…

Le voyage solo peut être fait pour tout le monde !  Voici d’ailleurs 99 astuces pour débuter en toute sérénité

En voici la preuve,

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je me présente : mon prénom est Martine et j’ai 74 ans. J’habite à Shawinigan en Mauricie dans la province de Québec au Canada. Je suis veuve depuis quatre ans après avoir été mariée pendant 51 ans avec le même homme. 

Nous avons eu deux filles et quatre petits-enfants.

Depuis le début de mes cinquante ans, je rêvais de plus en plus de faire des voyages. Un peu avant ma retraite, mon mari et moi avions échangé notre automobile pour un camion et acheté une caravane de 25 pieds dans le but de voyager tous les étés dans notre province. 

À ce moment, mon mari n’était pas en grande forme, mais ça pouvait quand même aller. Nous avons fait seulement deux voyages de 15 jours avec la caravane. 

Après ma retraite en 2007, mon conjoint n’était vraiment plus à l’aise de conduire un véhicule de cette grosseur; j’ai donc dû renoncer à mon rêve de voyages. 

Quelques temps après, nous avons changé de nouveau le camion pour une auto et vendu la caravane. Mon mari est décédé de problèmes cardiaques en 2018.

Un voyage en retraite avec une amie

En septembre 2019, une amie d’une amie m’a demandé de faire un voyage avec elle pendant deux semaines à l’extérieur du Canada. J’ai fait ce voyage. 

J’ai beaucoup aimé, mais ça n’a pas tellement fonctionné entre nous deux. Il faut dire que c’était la première fois que je partais seule avec une compagne et je ne savais vraiment pas comment voyager.

Lorsque je suis revenue de ce voyage, je me suis mise à lire sur le voyage solo. 

Après différentes lectures, je savais que je voulais voyager de nouveau, mais je voulais le faire seule et dans mon véhicule. Sans en parler à mon entourage, j’ai changé mon auto pour un VUS Toyota RAV4 tout neuf. 

Avant de l’acheter, j’ai demandé au vendeur si je pouvais coucher dedans. Les sièges-arrière abaissés, il s’est étendu et j’ai vu que oui, je le pouvais. Je l’ai eu le 31 octobre 2019. Puis, est arrivée la pandémie…

Voyager seule à la retraite – le lancement

Au printemps 2020, j’ai commencé par choisir une petite tente 2 places, un sac de couchage et un matelas pour camper. En juin, je suis allée essayer mon nouvel équipement dans la cour chez ma fille. 

La première nuit, j’ai très mal dormi parce que j’avais froid. De plus, je ne pouvais pas bouger mes jambes dans le sac de couchage et j’étais toujours descendue en bas du matelas gonflable. Au réveil, j’étais courbaturée à cause de l’humidité. 

J’ai essayé les autres nuits avec un matelas gonflable et des couvertures, mais ce n’était pas mieux. À 72 ans, je n’étais probablement plus d’un âge pour jouer à la jeune dans une tente. Je l’ai fermée avec regret et le camping s’est terminé là.

C’est alors que j’ai alors décidé de voyager autrement. J’ai laissé le matériel de camping chez ma fille et j’ai installé le matelas gonflable dans mon véhicule. J’ai aussi éliminé le sac de couchage qui n’était pas confortable pour mes jambes, ajouté des couvertures chaudes et suis partie pour la première fois de ma vie vivre une grande aventure, toute seule en Gaspésie.

Destination le Quebec pour voyager seule à la retraite

Maintenant que j’étais libre, je devais prendre l’habitude de penser à tout, toute seule. J’avais tout d’abord décidé que je n’allais pas cuisiner à bord de mon véhicule. 

Pour déjeuner, un café et un muffin dans un resto express me suffiraient. Le diner serait constitué d’une salade et des fruits achetés dans un super marché et le souper se ferait au resto. Mon budget me le permettait. 

Je devais cependant trouver mon coucher assez tôt pour éviter l’énervement. J’avais dans mon cellulaire des applications pour trouver des places disponibles. J’ai fini par trouver un premier coucher gratuitement dans un parc près du fleuve avec table pour manger et stationnement inclus. 

Ce premier soir, j’ai pris une salade au super marché et j’ai mangé dans le parc. En soirée, j’ai attendu qu’il n’y ait plus personne et me suis installée pour dormir. Vers 23 h, j’ai vu passer des policiers en voiture. 

J’avais un peu peur de me faire déloger, mais je n’ai pas bougé. Ils ont fait le tour du parc et sont partis. Je me suis endormie. Je me suis réveillée vers 5 h du matin. Grosse envie de pipi! Qu’est-ce que je fais? Bonne vieille méthode : entre les deux portes. 

Arrivent alors des pêcheurs pour mettre leur bateau à l’eau. Oups! J’attends qu’il n’y ait plus personne, j’ouvre ma porte et fais pipi dans un petit pot de margarine. Ouf, soulagement! Quelque temps après, je me suis habillée et suis partie acheter mon déjeuner : un muffin et un café. Ce fût ma première nuit d’aventure!

voyager retraite

Je découvre la liberté lors de ce voyage solo

J’étais très fière de moi d’avoir contrôler ma peur et d’avoir su me débrouiller dans les circonstances. Moi, toute seule pour la première fois de ma vie, à l’âge que j’avais. Wow! Je flottais! Je volais!

Me voilà en direction du village de Saint-Jean-Port-Joli. Arrivée au village, il y avait tellement de monde qu’il n’y avait plus de stationnement. J’ai donc décidé de continuer jusqu’à Notre-Dame-du-Portage. J’étais fatiguée. Comme il faisait tellement chaud dehors, je me suis couchée et j’ai fait une petite sieste dans le stationnement à côté de l’église.

J’ai continué comme ça dans les petits villages qui constituent la région du Bas-Saint-Laurent et celle de la Gaspésie. J’ai visité des jardins de fleurs et quelques musées. 

J’ai marché sur le bord du fleuve et pris des photos. J’ai dormi dans un stationnement de Walmart et derrière des supers marchés, à coté des églises, même une fois dans le stationnement d’un petit aéroport, sans savoir si j’y avais droit.

J’ai adoré ce premier voyage. Je me suis sentie libre. À 72 ans, j’avais cette liberté que je n’avais jamais eu dans ma vie. 

J’avais quitté ma famille à 19 ans pour aller vivre avec mon mari et fondé ma propre famille. J’ai fait de magnifiques rencontres avec des gens.  J’ai eu l’opportunité de visiter de beaux villages et d’essayer les restos du coin. Mon voyage a duré 17 jours sans revenir chez moi.

La suite de mes voyages en retraite

L’année suivante, je suis partie de nouveau cette fois-là pour la région de la Côte Nord. J’y suis restée 21 jours. J’ai fait de belles rencontres et j’ai appris. 

Je sais maintenant que l’on peut dormir dans le stationnement d’église des villages relais de la province. Il y avait même un stationnement tout près d’une bibliothèque dont les toilettes étaient à la disposition des voyageurs. Quelle belle initiative!

Mes amies n’en revenaient pas de voir que j’étais partie toute seule et que je n’avais pas eu peur. Bien sûr, j’ai eu un peu peur, mais j’ai vraiment réussi à contrôler cette peur. Pas vraiment de dormir seule dans mon véhicule, mais de devoir me débrouiller toute seule pour tout. 

En juin de cette année, je viens de refaire le voyage en Gaspésie. Je ne suis restée que 10 jours parce que la température n’était pas tellement belle. Il ventait beaucoup et faisait froid à chaque jour. Je n’avais aucun plaisir. De plus, plein d’activités n’étaient pas encore ouvertes.

Et maintenant ?

La semaine prochaine, je repars de nouveau pour la région du Bas-Saint-Laurent; cette fois, c’est pour aller randonner avec un groupe. Combien de kilomètres ferais-je? 

Je ne sais pas, mais je vais faire tout mon possible pour suivre le groupe malgré mon âge. Sinon, je ferai un bout avec mon véhicule. Ensuite, je continuerai de visiter d’autres régions du Québec.

Si je peux suggérer quelques choses aux personnes plus âgées, c’est qu’il n’y a pas d’âge pour voler de ses propres ailes. 

Allez-y, vous verrez comment il fait bon de se retrouver seule en voyage! Se lever à l’heure qu’on veut, manger quand on a faim, se coucher quand il fait noir, s’assoir pour regarder le fleuve! 

N’est-ce pas ça la LIBERTÉ avant de quitter cette terre! J’aime cette vie! Je la souhaite à quiconque voudrait faire la même chose! Je continuerai jusqu’à ce que ma santé soit défaillante. Bon voyage à toutes!

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Mélanie

Je m'appelle Mélanie, j'ai 33 ans, originaire du Mans. J'ai tout quitté en 2017 pour voyager à travers le monde. J'ai voyagé en sac à dos à travers l'Amérique latine pendant 8 mois. J'ai travaillé 6 mois en Australie, traversé les États-Unis d'Est en Ouest, vécu à Londres. En 2021, je deviens digital nomade, je visite les Açores, marche 2 mois sur le chemin de Compostelle et je vadrouille à travers l'Europe. Dans ce blog, j'accompagne les femmes à oser vivre leurs rêves de voyage solo à l'aide de contenus de qualités et pertinents !

Cet article a 2 commentaires

  1. Joëlle Le Portois

    Ne nous mettons pas de barrières. Depuis longtemps ( j’ai 72 ans) je voyage seule de part le monde et tant que les jambes me porteront, je continuerai. Il y a tant de choses à découvrir, allez-y !

    1. Mélanie

      Tout à fait d’accord avec toi ! Et puis l’âge, c’est dans la tête ! Tant que la santé est la, foncez 🙂

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