Voyager seule en Amérique latine

Voyager seule en Amérique latine c’était être à des milliers de kilomètres de ma zone de confort. Revis à travers cet article toutes mes émotions et mon expérience d’un premier voyage solo à l’autre bout du monde. Viens visiter avec moi l’Argentine, le Chili et la Bolivie

Le départ

Quitter sa zone de confort

Je dois dire que lorsque je suis partie du Mans, je n’en menais pas large, les larmes étaient au RDV. Ce qui m’avait fait penser que j’en avais oublié mes lunettes de soleil. Il fallait dire au revoir à la famille mais aussi à sa ville et surtout à sa zone de confort pour se lancer dans cet inconnu.

Lors du trajet qui me menait à mon bus je me demandais sans cesse : « Pourquoi j’avais fait ce choix, d’où m’était venu cette idée saugrenue de partir explorer un nouveau continent, pourquoi je ressentais ce besoin de découvrir un monde nouveau ». Les premières heures sont difficiles et entraînent de grands questionnements !

Je suis sereine, malgré tout!

Je suis partie sur Paris faire un « au revoir » aux amis. J’ai pris l’avion avec une grande sérénité pour arrivée à ma première étape, Barcelone. J’y reste trois jours. Je me sens bien, c’est un premier pas avant le départ, je connais déjà la ville pour l’avoir visité il y a quelques mois.

Je prends l’avion pour Buenos Aires le matin de bonne heure. Je me sens toujours relativement sereine, comme si mon esprit savait que je faisais le bon choix. C’est même hallucinant avec le recul, le calme et la sérénité dans laquelle je me trouve. Je n’avais jamais vécu cela auparavant.

Mon arrivée en Argentine

Mon arrivée à Buenos Aires se fait plutôt facilement malgré les 14h de vols. Je suis crevée en arrivant et j’ai hâte d’arriver à mon hostel dans le quartier de San Telmo.

Au début, je suis un peu craintive, je garde bien mes affaires près de moi, je me surprends à me retourner dans la rue pour voir ce qu’il se passe. Il faut dire que de voir des enfants de 5 ans faire les poubelles en plein jour n’est pas vraiment bon signe. Il y a beaucoup de pauvreté dans les rues.

Néanmoins, la ville ressemble énormément à Paris. Les habitants de Buenos Aires que l’on nomme les portenos sont à s’y m’éprendre de vrais parisiens, car les klaxons sont au programme.

Je ne tarde pas à me faire des compagnons dans l’auberge, j’en profite pour faire des visites guidées et autre. Le dicton est bien vrai, je ne suis jamais seule !

Les premières semaines à voyager seule en Amérique latine

Les deux premières semaines, je suis en mode bus et auberge de jeunesse mais je sens qu’il manque quelque chose à ce voyage. En effet, je ne parle qu’anglais à des Européens. Difficile de connaître une culture de cette façon.

Je me lance alors dans le couchsurfing et décide pour apprendre l’espagnol de prendre que des hôtes ne parlant que l’espagnol. La première soirée est délicate, mais mon hôte est patient et on se traduit tout avec google traduction, ça me laissera un excellent souvenir de Puerto Madryn et de ses baleines:-O

Mon séjour à Ushuïa sera également bénéfique, je passe 7 jours chez 3 filles parlant qu’espagnol. Je commence à me dépatouiller. Le fait d’être hébergée par des locaux ne me donne pas le choix… Parfois la communication est difficile mais je vois mes progrès au quotidien.

Je me lance dans le stop

Mon voyage après Ushuïa prendra encore un autre détour. J’ai encore envie de me sortir de cette zone de confort et d’aller encore plus loin. Je m’apprête alors à faire du stop, façon économique de voyager, meilleur moyen pour rencontrer des locaux et super intéressant pour apprendre l’espagnol rapidement.

J’en menais pas large en quittant Ushuïa, je n’avais fait que 2 ou 3 fois du stop en France et sur des courtes distances. La je souhaitais rejoindre El Calafate à plus de 900 km de là. Il est en plus difficile de quitter la maison du bonheur d’Ushuïa.

Mais quoiqu’il en soit, je prends mon courage à deux mains, me lève de bonheur afin de commencer cette première journée sur les meilleurs hospices. Le plus dur est de quitter la ville mais après ce ne fut que du bonheur et des rencontres au top.

Je parcours ainsi l’Argentine en mode stop et couchsurfing. Je me retrouve parfois en auberge comme lors de mon séjour à El Chaten, je ne supporte pas vraiment l’ambiance « anglophone voyageur » et le maté me manque !

Je me sens toujours à l’aise dans mes baskets ! L’espagnol est en gros progrès ! Je vois des paysages de ouf, j’apprends sur moi, la plupart du temps je passe la journée seule avant de retrouver la douceur et le confort d’un foyer en soirée.

Le slow travel

Je me plais à passer plusieurs jours dans les villes ou je passe. J’aime prendre mon temps et parfois j’apprécie ne rien faire aussi. Il est important pour moi d’être à l’écoute de mon corps et de mes sensations afin que ce voyage ou cette expérience ne m’apporte que du bien. J’adopte le slow travel.

En voyageant, en étant ici, je vis l’instant présent, j’ai la sensation d’être vivante. C’est dur à expliquer mais je me sens pleinement vivante, je profite de cette vie à fond…

Un autre pays, une autre culture : Le Chili

Je visite ensuite le Nord du Chili. Je reste toujours longtemps dans les villes : une semaine à Santiago du Chili (pour Noël) puis une semaine à Valparaiso (pour le nouvel an) toujours en stop et couchsurfing.

Mon voyage prend maintenant une autre forme lorsque j’arrive à San Pedro de Atacama au Nord du Chili, près des frontières de la Bolivie et de l’Argentine.

Je suis complétement charmée par ce lieu, les paysages autour de moi sont juste hallucinants. Et je ne te raconte pas la nuit, ce que je vois, c’est juste magique… Des étoiles par millions qui scintillent, la voie lactée juste au-dessus de ma tête et des étoiles que je n’avais encore jamais vu…

Premières expériences de volontariat

Bref, je décide de rester car ici je me sens bien. En discutant avec les personnes autour de moi, je suis apparemment atteinte du syndrome de « San Pedro de Atrapama » !!! Qui ressemble beaucoup en français au syndrome de « Attrape-moi ». J’aime beaucoup l’expression ! Beaucoup de touristes venus ici se sont juste arrêtes là et ont décidé de rester y vivre.

Alors, oui rester c’est une chose mais je ne peux pas vivre indéfiniment chez mes hôtes colombiens de Couchsurfing. Il me faut trouver une solution économique pour rester.

Je me lance à la recherche d’un volontariat dans une auberge de jeunesse. Il me faudra 5h avant de trouver l’auberge Diabolito, chez Juan:) En échange de 5h de « travail », j’ai en échange le lit dans un dortoir ainsi que toutes les commodités : douche, wifi, café…

Je crois que non seulement j’ai le syndrome de Atrapama. Mais après plus de deux mois sur la route (il ne faut pas croire mais c’est usant surtout quand je suis en mode STOP), j’ai besoin de retrouver une certaine routine, de voir de jour en jour les mêmes personnes, de créer des liens. De plus je souhaite prendre le temps d’approfondir la langue, de me lancer dans de nouveaux projets et de prendre un peu de repos !

Je trouve du travail

Les excursions étant vraiment chères à San Pedro de Atacama. Je décide de trouver un travail rémunéré. Dans cette ville, tout se fait au « black ». Beaucoup d’étrangers sont venus vivre cette expérience.

Je cherche dans un premier temps dans les agences de voyages afin de vendre des tours. Malheureusement, malgré mon assez bon niveau d’anglais et le français mais mon espagnol n’est pas encore assez bon.

Je tente ma chance dans les hôtels et auberges de jeunesse. Grâce au bouche-à-oreille, je trouve rapidement un « job » dans un hôtel pour faire les petits déjeuners et le ménage. C’est pas beaucoup rémunéré mais cela me permettra à la fin de faire d’autres excursions et en prime j’ai un délicieux petit déjeuner français tous les jours (avec de la baguette française;)).

C’est le genre d’expérience que je cherchais, j’éprouve le besoin de sortir de ma zone de confort et de la routine du voyage qui c’était installé. J’ai envie de découvrir autre chose, de me surpasser et peut être de finalement trouver ma voix !

Remise en question du voyage

Le fait de rester quelque temps sur San Pedro remet un peu en question la suite du voyage, mais cette fois j’ai décidé de m’écouter:) Je voulais déjà rester à Ushuïa (qui reste un grand coup de cœur de ce voyage) et sur d’autres endroits que j’ai finalement quittés et qu’aujourd’hui je regrette. Aujourd’hui je suis prête à m’écouter davantage.

Tout ça pour dire que ce voyage en solo apporte son lot de surprise. Ce voyage se transforme en une expérience de vie. J’ai des souvenirs pleins la tête, que les personnes rencontrées sont juste génialissimes, que la sensation de vivre est une totale extase:)

Le fait d’être seule me permet d’être complétement indépendante sur mes choix et sur mes envies. Cela me force à aller davantage vers les autres, cela m’oblige à parler espagnol… Je n’y vois que des avantages, certain y voit du courage de mon côté, c’est une chose tout à fait naturelle, je me sens bien et en vie!

Quitter San Pedro de Atacama : un déchirement

Quitter San Pedro de Atacama n’a pas été simple. J’ai beaucoup pleuré sur le chemin pour prendre mon bus direction Salta, au Nord de l’Argentine. La bonne nouvelle c’est que je retrouve une française pour passer quelques jours ensembles au Nord de l’Argentine. Finalement on voyagera ensemble une quinzaine de jours jusqu’en Bolivie.

Les émotions en voyage sont décuplées. Tout va tellement vite, tu rencontres tant de personnes formidables. Tu vis des instants uniques à chaque moment. Tes émotions positives ou négatives sont extrêmes. Il faut parfois savoir s’abandonner à des larmes pour mieux se sentir.

Visite de la région de Salta et l’entrée en Bolivie à deux

Mon voyage prend encore une autre tournure. Je ne voyage plus seule pour quelques jours. J’ai répondu à un message sur un groupe Facebook, de Mathilde qui souhaite visiter la région de Salta avec une autre personne. J’ai répondu positivement et l’expérience du voyage à deux fût merveilleuse. C’est aussi agréable de partager ses émotions avec quelqu’un!

Mon mode de voyage change également. On décide de louer une voiture afin d’être le plus autonome possible. On dormira quelques jours dans la voiture. Le road-trip peut commencer 🙂

Nous décidons de continuer le voyage ensemble jusqu’au Salar de Uyuni. J’initie Mathilde au stop et au Couchsurfing. On se retrouve dans la région de Tupiza pour le carnaval. Des moments exceptionnels partagé avec les locaux qui nous initient à leur culture. Puis vient 4 jours dans le Salar d’Uyuni. L’unique façon de le visiter et de prendre des tours guidés (parce que y en a beaucoup qui s’y sont perdus tellement c’est immense.

La Bolivie : Mon coup de cœur

La Bolivie est changement total de culture. Lorsqu’on passe la frontière avec l’Argentine, on se retrouve dans un autre monde. C’est out de suite plus vivant. Les Boliviens sont habillés de façons traditionnelles. Il y a de la musique, de nouvelles saveurs, de nouvelles odeurs. C’est un changement radical.

Après avoir visité le Salar de Uyuni, avec Mathilde. Je me retrouve de nouveau seule sur la route. Il me faut quelques heures pour m’habituer à cette nouvelle situation. Le voyage te rend très adaptable et flexible.

Je visiterai la Bolivie pendant 4 mois. Cette fois-ci plus de stop, jugé trop dangereux par les locaux et plus de couchsurfing. Je circule en bus et je fais des volontariats partout ou je passe dans les auberges de jeunesse.

Je reste 3 semaines à La Paz, 10 jours à Sucré. Je visite l’Amazonie et nage avec des dauphins roses à Rurrenabaque. Je visite Potosi et ses mines et l’immense forêt de Samaipata.

Mon gros coup de cœur est ToroToro, un petit village perdu dans les Andes. C’est un village qui attire un peu de touristes, il y a de nombreuses activités à découvrir tels que les canyons, des empreintes de dinosaures, la visite ardue d’une grotte.

Je rencontre un Suisse, Matt, qui tient un petit bar. J’y reste deux mois pour travailler. C’est pour moi une excellente façon de me poser, de découvrir les habitudes des locaux et de m’intégrer dans une population.

Le retour en France après un voyage solo en Amérique latine

Parce qu’il faut bien rentrer. Je prends mon vol retour depuis Lima, au Pérou. Je fais les derniers achats de souvenir et surtout je fais la surprise à ma maman de revenir avant la date que je lui ai donné. Imagine sa tête en voyant à la porte de l’appartement.

Le départ de l’Amérique latine est très dur, je pleure plus qu’à mon départ du Mans. J’ai une sensation d’inachevée. Je voulais visiter le Pérou et surtout la vallée des Incas à Cuzco. Je sais que j’y retournerai mais le départ est un vrai crève cœur!

Le retour en France est facile au début, je retrouve la famille et mes amis. J’en profite pour manger des bons plats de chez nous. Je raconte mon voyage, mes histoires. Je suis toujours un peu là-bas.

Je sais au fond de moi que je vais vite repartir vers un autre horizon. Je sais que j’ai attrapé le virus du voyage. Que cette sensation de liberté est tellement immense que maintenant je n’ai qu’une idée en tête c’est de retrouver cette sensation. De me retrouver en vie de nouveaux, de vivre des choses incroyables dans mon quotidien, de rencontrer tant de personnes intéressantes.

Je repartirai 5 mois après pour un Permis Vacances Travail en Australie !

Foncez les amis ! Ne rêvez pas votre vie mais vivez vos rêves!

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Publié par Mélanie

Je m'appelle Mélanie, j'ai 32 ans, je suis originaire du Mans. J'ai tout quitté en 2017 pour voyager à travers le monde. Depuis, j'ai voyagé en sac à dos à travers l'Amérique latine pendant 8 mois. J'ai travaillé 6 mois en Australie grâce au Permis Vacance Travail (PVT). J'ai également visité les grandes villes des Etats-Unis pendant deux mois. Je suis en ce moment en France ou je développe mon activité en ligne afin de devenir Digital-Nomad. Mes voyages en 2021 (si la situation le permet) seront de marcher jusqu’à Saint Jacques de Compostelle, de voyager avec le Transsibérien et de visiter (et pourquoi pas m'installer) en Asie du Sud Est. Dans ce blog, j'accompagne les femmes à oser vivre leurs rêves de voyage à l'aide de contenus de qualités.

18 commentaires sur « Voyager seule en Amérique latine »

    1. Merci beaucoup 😊 Je ne suis pas allée au Brésil pour cette raison. J’avais déjà l’espagnol à apprendre (j’ai appris l’allemand à l’école). Après on ne va pas se mentir, c’est très proche de la langue française 😝 Si tu penses rester longtemps sur place, dans toutes les villes il y a des cours d espagnol à moindre coût sinon tu as toujours l’application gratuite duolingo 😉

  1. Bonjour Mélanie,
    C’est un beau texte très personnel, merci d’avoir partagé. Tout ce que tu décris, je l’ai ressenti aussi en voyageant à travers l’Europe (je suis Québécoise) et je me reconnais beaucoup dans ton texte.
    A part pour faire du stop… En tant que femme, tu n’as jamais été inquiète de faire de mauvaises rencontres? Je suis peut-être peureuse… 😉

    1. Merci beaucoup Anne-Marie, ça me touche beaucoup. Il y a toujours un peu d’appréhension, surtout dans les premiers jours. Il faut toujours être vigilante et suivre son instinct. Après le fait de voyager seule et d’être une fille, les voitures s’arrêtent beaucoup plus facilement 😊

  2. Salut! J’ai eu l’impression de revivre mon voyage en stop en patagonie et mon année en Amérique du sud en te lisant Ça m’a refait penser à tout ça et c’est vraiment une drogue le voyage et voyager seule encore plus je crois! Tu vis tellement de moments impensables c’est dingue! Alors merci pour se petit moment qui m’a permis un retour en arrière!

    1. Merci Angélique pour ton commentaire. Oui comme tu dis ça peut vite devenir une drogue « douce ». Je suis contente que tu te sois plongée de nouveau dans ton voyage. Quels pays as tu visité en Amérique latine ?

    1. Salut Clo 😊 sincèrement je suis partie en connaissant que quelques mots despagnol et je suis repartie avec un niveau très correct. C’est proche du français, du coup c’est assez simple. Je me rappelle apprendre mes verbes entre deux voitures lorsque je faisais du stop 😂😂😂

  3. Je te trouve très courageuse d’avoir fait ce choix de partir seule sans connaître la langue. J’aurais été bien incapable de le faire mais les découvertes et les rencontres que tu as faites sont fantastiques.

    1. Hehe merci beaucoup 😊 c’était surtout une envie profonde, un désir très fort. Pour affronter mes peurs et mes blocages, je me suis pas mal préparé. C’était une superbe aventure et j’ai hâte de reprendre la route 😊

  4. Superbe récit qui illustre bien tous les points de ton voyages en solo ! Ca fait rêver 🙂
    Je suis une grande fan de l’Amérique latine et du sud. Ce que j’adorerais c’est faire un road trip là-bas.
    Je connais déjà quelques pays mais ils m’attirent tellement tous :p
    Merci pour ce beau récit motivant !

    1. Bonjour Julie,
      Merci pour ton commentaire. Je suis contente que l’article t’ai plu.
      Ah super l’idée du road-trip. Il y a beaucoup de voyageurs en van ou en caravane ! Tu ne seras jamais seule 🙂 Après, les distances sont grandes mais c’est aussi l’occasion de prendre des autostoppeurs pour partager un bout de chemin 😉
      Ce continent est tellement magnifique, sans parler des personnes ! Je comprends totalement ton envie d’y retourner.

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