Voyager pour fuir ? Vraiment ?

picture of tigress on green grass field

Voyager pour fuir ? La question qui revient tout le temps ! En mode : « Mais tu voyages pour fuir quoi ? » ou encore « Qu’est-ce que tu fuis en voyageant ? ». Et puis c’est le genre de question ou les gens te regardent du coin de l’œil, comme si tu avais un problème que tu n’arrives pas à régler, comme ci partir, était la solution pour te voiler la face. Pourquoi le voyage est-il trop souvent associé à une fuite ?

La lecture de cet article peut faire mal, te troubler, te chambouler, tu vas peut-être même t’énerver, un peu, contre moi. Mais ce n’est pas grave, je t’excuse ! Je coupe court aux idées reçues sur la fuite en voyage ! On trouve de nombreux articles de voyageurs parlant de la fuite tellement c’est récurent ? Aujourd’hui, je prends le contre-pied de ce qu’on peut lire ailleurs !

Dans cette question, je trouve qu’il y a vraiment une sorte de jugement sur ta personne. J’ai cette impression désagréable que les gens pensent que je n’assume pas mes responsabilités, que je suis instable émotionnellement parlant ou que j’ai un problème psychologique. Enfin, que quelque chose ne tourne pas rond chez moi, tu vois. Le mot fuite est souvent associé à quelque chose de péjoratif.

Et je ne te dis pas, quand je leur dis qu’en plus je voyage seule. Pour certains, c’est vraiment l’incompréhension générale.

Les définitions de « Fuir » du Larousse : quitter rapidement un lieu pour échapper à une menace, à un danger réel ou supposé, comme les bêtes sauvages qui fuient à l’approche d’un prédateur réel ou supposé. Autre définition : ne pas faire face à quelque chose, chercher à y échapper, dans ce cas-là, il donne l’exemple de fuir ses responsabilités (et si c’était moi ?).

Alors le voyage est-ce une échappatoire ? Une façon de se dégager des réalités quotidiennes ? Une façon de ne pas affronter la vie ? Tu sais cette fameuse question : « Quand est-ce que tu reviens dans la vraie vie ? » En mode, quand est ce que tu te poses, que tu te trouves un conjoint, un CDI, une maison, et un beau toutou corgi pour fêter tout ça !

Est-ce que le voyage n’est rien d’autre qu’une fuite en avant ? Afin d’éviter la résolution de ces problèmes ou des situations angoissante ? La fuite est un élément de défense (contre des prédateurs ou un incendie, par exemple). La fuite en avant peut être considéré comme perturbateur de relation sociale ou encore comme quelque chose qui diminuerait la confiance en soi…

voyager pour fuir
Photo by Ian Turnell on Pexels.com

Oui mais …

Pourtant, lorsqu’on lit ces témoignages de voyageuses solos, on se rend compte que pour beaucoup d’entre elles (pour ne pas dire toutes les femmes qui ont un jour osé voyager seule) un gain de confiance en soi et une liberté ressentie comme jamais auparavant.

Je ne sais pas si tu as déjà voyagé seule ou si tu penses sérieusement à le faire, mais tu as vu le nombre d’obstacles qu’on doit affronter : nos peurs, nos blocages, gérer le stress et l’angoisse de nos proches, mettre de l’argent de côté, mettre son côté débrouillardise en avant pour s’organiser au mieux. Faire tout ça pour fuir ? Vraiment ? Une bonne cuite un samedi soir avec tes potes est peut-être autant plus efficace, en tout cas engendre « moins de contraintes ». C’est plus rapide, plus safe (du moins sur du court terme), et tu peux être sûre (ou pas) de retourner au boulot le lundi matin.

Dans les synonymes du petit Larousse, pour le verbe fuir, on trouve aussi « se sauver ». Et si le voyage était vu comme un moyen de « se sauver » soi-même, comme une thérapie, si ce n’était pas simplement un voyage de l’intérieur pour exister, se sentir libre et vivant ?

Bien sûr, on a toute l’image d’une fille qui part voyager seule parce qu’elle vient de se faire larguer ou parce qu’elle a fait un burn-out ou encore qu’elle a été licenciée, ce qui était mon cas.

Du coup, dans mon cas précis, est-ce que j’ai fui car j’étais perdue sur ma situation professionnelle ? Que j’étais perdue peut-être tout court ? Je savais que je ne voulais plus travailler dans l’exploration pétrolière, ni pour un grand groupe. Mais qu’est-ce que j’allais faire ? J’ai bien fait un bilan de compétence, j’étais suivie par une agence de conseil spécialisée dans la reconversion. Mais rien ne sortait de moi, étais-je perdue ? Est-ce que j’ai mis mon backpack sur le dos, car je ne trouvais pas une passion ? Un moteur ?

Alors est-ce que j’ai quitté mon quotidien, est ce que je suis sortie de ma zone de confort, est ce que j’ai affronté mes peurs et mes blocages pour fuir ? Pour me sauver ?

Cette question m’obsède. J’ai un de mes lecteurs qui m’a posé cette question, il y a un bien un mois maintenant. Et depuis, cela m’obsède encore plus.

J’ai décidé de mettre les choses à plats, essayer d’être la plus honnête possible, arrêter de me voiler la face comme certains peuvent penser. Bref, de me poser et d’apporter des réponses à cette question, est-ce que je voyage pour fuir ?

Je suis entièrement d’accord, le fait de partir en voyage implique un mouvement. Cela implique parfois de tout quitter ou du moins de mettre « sa vie » entre parenthèses pour plusieurs mois. Dans partir en voyage, il y a bien partir qui pour donc certain est assimilé à une fuite.

Mais ! Je crois bien qu’en « réalité » c’est plus compliqué que cela !

fuite voyage

Fuis-tu la réalité au quotidien ?

Maintenant, j’ai envie de te demander ce que toi tu fuis à bosser comme un fou ? Ou à te mettre minable tous les week-ends ? A boire peut être tous les jours ? A passer tout ton temps libre à t’épuiser dans un sport ? Peut-être passes-tu certaines frustrations dans la nourriture ? A consommer des drogues ?

Et que dire de toutes tes distractions quotidiennes quelles soient dans les réseaux sociaux, ou dans la culture, comme la littérature, le cinéma, les musées. N’est-ce-pas une façon de fuir ? Enfin, la non, lorsque tu parles de regarder 10 épisodes de suite d’une série Netflix, on parle de divertissement, mais n’est-ce-pas un moyen comme un autre de fuir, de s’évader pour éviter de se poser les bonnes questions ?

Et si tes divertissements quotidiens n’étaient qu’une façon de te détourner de tes propres peurs. Si c’était, d’une certaine façon un moyen pour ne pas se poser les bonnes questions ? Tellement plus simple de rester dans son lit douillet à mater Netflix que de se demander pourquoi tu ne mets pas en place les changements dans ta vie qui te ferait vivre pleinement.

Ces distractions de nos vies quotidiennes amènent tout simplement à la fuite du moment présent. On est trop souvent dans la nostalgie du passé ou dans la projection de notre avenir.

Je sais que ces derniers paragraphes peuvent être piquant, voir même bouleversant. Et, crois-moi, quand je dis tu, c’est aussi de moi que je parle. Lire des bouquins pendant des heures, passer des week-ends sous la couette devant ma série préférée ou encore me réfugier dans la nourriture ou dans un sport, j’ai connu et je te rassure cela m’arrive, un peu, de temps en temps fréquemment (entoure la bonne case).

Bref, t’as compris, si un jour, on te pose cette question et que tu ne vas pas partir dans un monologue, demande à cette personne « Et toi que fuis-tu ? »

Et pour finir, à la lumière de ma réflexion pour cet article, je me dis que je ne connais que peu de personnes qui ne fuis pas la réalité ou un quotidien « morose ». Si finalement, nos distractions quotidiennes n’avaient que pour but de fuir nos problèmes profonds ?

Alors, oui, peut être si je réagis aussi de cette façon, c’est que finalement la question du voyage, une fuite ? Révèle une problématique plus enfouie en moi. Peut-être que finalement, je me voile la face en te parlant de toi ?

fuir son quotidien
Photo by Vishnu R Nair on Pexels.com

Fuir, mais quoi ?

Je l’ai abordé un peu plus haut. Quand on pense à fuir que ce soit de façon « clinique » en consommant des drogues ou « fuir » en voyage par exemple. On pense à la fuite de la réalité.

Mais qu’est-ce que la réalité ? La réalité est proche à chacun dans d’entre nous. Ma réalité n’est pas la tienne. Nos façons de voir les choses seront toujours différentes de par nos différences en terme d’expériences, de vécu, d’histoire, de vision du monde. Et si j’en convenais que finalement fuir la réalité ne veut pas dire grand-chose puisqu’elle n’est pas universelle ? (Pas sûre que j’aurai eu une bonne note au bac philo avec ça)

Revenons à des choses plus terre-à-terre (je n’étais pas géologue pour rien): La fuite de nos quotidiens, peut être une situation qui ne nous convient pas au travail, dans notre vie sentimentale ou sociale.

Finalement, se rendre compte que quelque chose ne vas pas, que ce n’est pas la vie dont on rêve, qu’on est peut-être pas venu au monde pour « ça » vivre dans cette vie que bien souvent notre société nous impose. Quand était-ce la dernière fois que tu as fait un choix de vie important, on ne prenant pas en compte l’avis des autres ? Tu sais quand tu as fait des études ? Accepté ton CDI ? (pour le prestige, pour coller à un idéal de société, ou pour faire plaisir à tes parents)

Peut-être une façon de se fuir soi. De fuir la personne que nous sommes mais qu’on ne veut pas voir. Se fuir soi-même, ne pas arriver à s’écouter, à s’aimer…

La fuite de notre mort certaine ? Se rendre compte que la mort peut intervenir à tout moment. Que l’on a tendance à vivre comme si nous étions immortelles. La mort est peu présente dans nos sociétés occidentales et finalement nous avons tous envie de laisser une trace de notre passage sur Terre. Je me pose toujours la question, si je mourrai maintenant, est ce que je suis heureuse, suis-je à la bonne place ? Et quand la réponse est non, j’ai pris l’habitude de partir, fuir.

Et si fuir était une bonne chose ? Bah oui, quand l’antilope se met à galoper à la vue d’un lion, n’est-ce -as une bonne chose qu’elle détale ? Finalement fuir, n’est-il pas un réflexe de survie ?

En fait, tout dépend de ce que tu fuis et comment tu fuis. Si l’antilope fuit un lion imaginaire et que c’est récurent, ça peut être un problème pour elle qui engendre de l’anxiété. Il en est de même si cette antilope en fuyant le lion se retrouve dans la gueule du loup ! Ce n’est pas vraiment la bonne stratégie !

Bref, dans la vie entre « combattre, fuir ou subir » il faut savoir parfois faire les bons choix ! Et la fuite est un choix tout à fait honorable !

On devrait toujours avoir quelque chose à fuir, pour cultiver en soi cette possibilité merveilleuse. D’ailleurs, on a toujours quelque chose à fuir. Ne serait-ce que soi-même. La bonne nouvelle, c’est que l’on peut échapper à soi-même. Ce que l’on fuit de soi, c’est la petite prison que la sédentarité installe n’importe où. On prend ses cliques et ses claques et on s’en va : le moi est tellement étonné qu’il oublie de jouer les geôliers. On peut se semer comme on sèmerait des poursuivants.

Amélie Nothomb

Voyager pour fuir ? Est-ce mon cas ?

Aie, Aie, Aie, on y est, 2000 mots plus tard pour éviter de répondre à la question. En regardant derrière mon épaule. Je me rends compte que j’ai toujours été attiré par le voyage.

Mon héros d’enfance est Tintin, le reporter intrépide qui part aux 4 coins du monde pour résoudre des énigmes et enquêtes, que ce soit au Congo, en Amérique, sur la lune, en Afrique du Nord, en Inde, en Amérique du Sud, en Écosse, en Arctique…

J’ai fait des études en géologie pétrolière pour voyager, je me voyais déjà sur des plateformes ou en haut d’une montagne à prélever des échantillons. Au lieu de ça, je me suis retrouvée 4 ans pépère dans un bureau à la défense… Pas vraiment ce que j’avais imaginé !

Comment j’imaginais mon métier !

Cette envie profonde de voyage se faisait de plus en plus sentir. Je lisais les témoignages de ces femmes qui voyageaient au bout du monde et qui étaient libre, qui vivaient leurs vies comme elles l’entendaient. Dans ces témoignages, il y avait tellement cette sensation de bien-être qui ressortait, un énorme sentiment de liberté ou encore une sensation de vivre sa vie pleinement. Je voulais en faire partie ! C’était comme un appel ! Une envie très profonde !

Il y a eu les attaques terroristes de Charlie Hebdo puis celle du 13 novembre qui mettent les choses en place. J’ai pris conscience à ce moment-là que je peux mourir en étant attablée à une terrasse avec mes amis. J’ai pris conscience que la vie à une fin et qu’il est temps de prendre la mienne en main. Que c’était le moment de commencer à vivre pleinement moi aussi !

Alors, j’ai fui ! J’ai fui d’abord une routine. Même si j’appréciais ma vie de Parisienne. Il me manquait quelque chose. Il y avait un vide en moi que rien ne pouvait combler (les soirées, les rencontres, le sport, la lecture, Netflix, …).

J’ai fui un quotidien qui ne me donnait pas entière satisfaction. J’ai fui une routine qui s’était installé au fil des mois et années passé à Paris. Je bossais pour payer mes factures. Je me suis questionnée sur le sens de la vie. Est-ce que la vie c’est ça ? Le métro-boulot-dodo? Est-ce que je suis née pour travailler et attendre une possible retraite pour en profiter ? Est-ce qu’au final, je n’étais pas en train de perdre ma vie à la gagner ?

L’annonce de mon licenciement économique a aussi été un choc, même si j’étais préparée. Se dire qu’on a « donné » 4 ans de sa vie à s’engager pour une entreprise et qu’on peut être remerciée du jour au lendemain. Et puis, je ne savais pas vers quoi me réorientait. Si le voyage était un moyen d’envoyer tout promener ? J’ai fui mes responsabilités !

Est-ce que le voyage a réglé « le problème » ?

Le voyage a définitivement enlevé cette sensation de vide que je ressentais dans mon ventre. Je vis ma vie pleinement, j’ai un sentiment de gratitude que je n’avais pas avant. Je suis plus libre. J’ai une meilleure connaissance de moi, je sais ce que j’aime et ce que je n’aime pas. J’utilise mon temps « de vie » à meilleur escient. Je vis davantage l’instant présent, encore plus vrai lorsque je suis en voyage.

En revanche, le voyage a fait naître une nouvelle fuite chez moi, celle de l’engagement. Je me crispe dès que j’entends le mot CDI. Il est encore plus difficile, aujourd’hui, pour moi de m’engager dans mes relations amoureuses. J’ai du mal à concilié liberté et engagement. Je vis davantage pour moi-même que pour les autres. Certains trouveront cela égoïste, c’est sûrement le cas. Mais j’ai cette phrase qui résonne en moi, « on naît seul et on meurt seul ».

Le voyage n’a pas donc réglé tous ces problèmes. C’est pour cela que je fais du voyage toujours une priorité ! Que malgré mon voyage au long cours en Amérique latine, le PVT que j’ai fait en Australie et la vie d’expat’ à Londres. Je me cherche toujours. Je crois que le voyage fait partie de moi, qu’il est dans mon ADN.

Conclusion

Le voyage peut être une fuite qui emmène vers un dépassement de soi, une meilleure connaissance de soi et donne une soif de vivre…

Le voyage a finalement toujours fait partie de moi.

Si on te demande ce que tu fuis en voyageant, réponds « et toi que fuis-tu ? »

Fuir n’est pas une mauvaise chose. Cela dépend de ce qu’on fuit et de comment on le fait ! Arrêtons de voir la fuite de façon péjorative.

J’ai fui un quotidien, une routine, mes responsabilités. En échange, je suis allée à l’école de la vie. Le voyage long court m’a beaucoup offert. Si le voyage est une fuite alors c’est aussi un sacré médicament ! Une sacrée dose de vitamine !

Aujourd’hui, le voyage m’emmène vers une quête de liberté. Devenir digital-nomad c’est travailler d’ou en veux, quand on veut, devenir son propre patron et ne plus dépendre d’entreprises qui peuvent te licencier du jour au lendemain.

J’aimerais voyager au quotidien, sans forcément être à l’autre bout du monde. Mais trouver cette liberté, ce bien-être, vivre l’instant présent à chaque instant de ma vie peu importe l’endroit ou je me trouve.

Le voyage est une thérapie. Cela te donne une meilleure confiance en soi, tu es reconnaissant et gratifiant envers la vie. Tu vis l’instant présent et donc tu ne t’inquiètes plus du futur ou tu ne rumines pas ton passé. Tu as une soif de vie énorme !

Le voyage ne peut pas être qu’une fuite ! Il est plus facile de fuir devant une série Netflix que d’engendrer tant de chamboulements dans notre vie juste pour fuir.

picture of tigress on green grass field

Voyager pour fuir ? Vraiment ?

Voyager pour fuir ? La question qui revient tout le temps ! En mode : « Mais tu voyages pour fuir quoi ? » ou encore « Qu’est ce que tu fuis en voyageant ? »

Publié par Mélanie

Je suis Mélanie, j'ai 31 ans, je suis originaire du Mans. J'ai tout quitté en 2017 pour voyager à travers le monde. Depuis, j'ai voyagé en sac à dos à travers l'Amérique latine pendant 8mois. J'ai travaillé 6 mois en Australie grâce au Permis Vacance Travail (PVT). J'ai visité les grandes villes des Etats-Unis pendant deux mois. Je suis actuellement expatriée à Londres ou j'ai une activité salariale et ou je développe mon activité en ligne afin de devenir Digital-Nomad. Dans ce blog, j'accompagne les femmes à oser vivre leurs rêves de voyage à l'aide de contenus de qualités résultants de mes expériences de voyage!

6 commentaires sur « Voyager pour fuir ? Vraiment ? »

  1. Personnellement, je crois que les gens qui jugent et posent des tas de questions bizarres et trop personnelles telle « Que fuis-tu » sont probablement d’abord et avant tout envieux de ton mode de vie et des choix non conventionnels que tu oses faire.
    Just my take on things. 🤷‍♀️

  2. Haha, merci pour ce billet qui fait du bien 🙂 Le covid a stoppé net mon voyage en Amérique du Sud qui ne faisait que commencer, mais que j’espère de tout coeur pouvoir le reporter un jour. Et je suis bien d’accord avec ta réflexion, il me semble que bon nombre de personnes sont également dans la fuite du quotidien ou de leurs problèmes perso lorsqu’elles enchaînent les séries tv, les bouquins ou autre. Et je ne vois pas où est le problème dans tout ça, cela me semble presque constitutif de notre condition de vie actuelle que de s’oublier à travers des activités, des projets voire des substances. Lorsque j’ai pris la décision de partir seule, je me suis aussi posé cette question de la fuite (boulot ennuyeux et répétitif, relations qui ne menaient pas à grand chose…). Je savais que depuis longtemps, j’étais déjà dans cette logique de fuite, mais, comme tu l’évoques dans l’article, via des palliatifs peut-être plus facilement accessibles que le voyage. J’ai accepté l’idée que je fuyais un quotidien qui ne faisait pas écho avec mon envie de me sentir « vivante », mon envie d’expérimenter l’inconnu et de découvrir d’autres cultures. Et surtout, j’ai envisagé le voyage comme un moyen de me confronter à mes peurs (et il y en a !) : démissionner, se débrouiller seule alors que je ne suis pas du tout dégourdie, apprendre à demander de l’aide lorsqu’il le faut, arrêter de vouloir tout contrôler, apprendre la langue sur place et surtout, pour moi qui ne suis pas de nature extravertie ou ultra sociable, aller vers les autres. Car lorsqu’on voyage seul.e, pas le choix, il faut se lier aux autres, même si les relations établies en voyage ne dureront pas forcément. Donc, une fuite, certes, mais à côté de ça, tant de choses à apprendre sur soi-même et sur les autres ! (déso pour le pavé)

    1. Je suis d’accord avec toi. Je vois plus le voyage comme une vitamine que comme un médicament. J’espère que tu pourras de nouveau et bientôt retourner en Amérique du Sud qui est un sublime continent 😊

  3. Tu m’as mis les frissons parce que c’est exactement le genre d’article que j’allais écrire concernant mon départ et ma « fuite » et je dis souvent que c’était pour moi une question de survie! Je suis tellement d’accord avec ce que tu dis tout au long de ton article. Et peu importe en fait ce que les gens font que ce soit comme nous de vouloir voyager ou bien de bosser toute sa vie faisant le même métier. Le principal c’est tout simplement d’être heureux et satisfait de la vie qu’on a. C’est une très belle réflexion qui fait du bien à lire!

    1. Merci beaucoup Angélique pour ton commentaire. Ça me touche beaucoup. Le voyage peut être un médicament ou une vitamine 🙂 Je te souhaite de voyager autant que possible !

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :